A toi...
Merci d'en respecter les écrits, ces mots m'appartiennent...
En ces lieux, je te souhaite 'belle errance' !
Troublante est ta page
Que je veux effeuiller !
Dans un coin écorné, ma mine grisée
Gris minois gras, de lettre en ligne,
Tente de dénicher le mot, bon filon...
S'attarder sur ton paragraphe !
Y mettrai-je un paraphe ?
Peut-être dans la marge,
Un A, B, C ?
S'abaisser à s'évaluer ?
Non point !
Juste une note, touche silencieuse...
Sans faute, sans rature !
"Pourvu qu'ça dure !"
Juste pour l'image, le bon point...
Exclamé, interrogé, qui sait ?
Trois petits points et s'en vient !
La leçon est apprise par coeur,
En choeur... et encore !
Il reste le verso versatile de mots,
Le recto délaissé se rhabille de 'mais' !
Demain, une autre...
Je saute une ligne, appuie un trait,
Laisse des carreaux en retrait...
Ratée ! la courbe de la lettre ! Ô !
Laide est-elle? Je ne sais...
Moi, elle me plaît !
Cette page inachevée...
Qui de nous deux
Sera le plus lâche
Ou le plus courageux…
Quand sonnera le glas des adieux ?
Qui de nous deux
Osera le premier pas
Ou le dernier aveu pieux…
Quand frémira ce jour ténébreux ?
Qui de nous deux
Jettera les armes
Ou fera fi de tout feu…
Quand brûleront ces mots douloureux ?
Qui de nous deux
Sera la force de l’autre
Ou sa faute, désir honteux,
Quand rira la Raison, tel un Ange victorieux ?
Qui de nous deux…
Et si j’arrachais leurs ailes
A ces papillons rebelles ?
Mais… je veux !
Sentir à fleur de cœur
Comme une douce chaleur
Ton sourire sur ma peur…
Et si je délivrais mon esprit
De toutes ces pesantes toupies ?
Mais… je veux !
Sentir à fleur de corps
Comme un frisson d’aurore
Ta main sur ma peau… encore.
Et si j’étouffais leurs tic-tacs
A ces horloges et à leurs couacs ?
Mais…
Se foutre de tout !
Oser ce que le Cœur impose
Comme une pensée à peine éclose
Entre deux battements fous…
Mais je suis ce que je fuis.
Se foutre de tout !
Nier ce que la Raison trahit
Comme un élixir au goût de lie
Dont je m’enivre jusqu’au bout…
Mais je fuis ce que je suis.
Se foutre de tout !
User d’artifices avec aisance
Pour t’effleurer en silence
… qu’importe le coût.
Mais je suis ce que je fuis.
Au bout de ta corde
J’ai le sentiment errant
Emoi nomade qui s’accorde
Au gré de nos tourments
Au bout de ta corde
J’ai la gorge nouée
De ces maux que j’aborde
Serpents de nos pensées
Au bout de ta corde
J’ai le souffle coupé
Par ces mots qui sabordent
Nos volontés émoussées
Au bout de ta corde
J’ai le cœur tempétueux
D’émotions qui débordent
… ce n’est pas un jeu.
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"...Les mots heurtent le front
comme l'eau le récif;
Ils fourmillent,
ouvrant dans notre esprit pensif
Des griffes ou des mains,
et quelques uns des ailes;
Comme en un âtre noir
errent des étincelles,
Rêveurs, tristes, joyeux,
amers, sinistres, doux,
Sombre peuple, les mots vont
et viennent en nous;
Les mots sont les passants
mystérieux de l'âme..."
Victor Hugo.
Les contemplations.
-oOo-
"...Mon esprit,
tu te meus avec agilité,
Et, comme un bon nageur
qui se pâme dans l’onde,
Tu sillonnes gaiement
l’immensité profonde
Avec une indicible
et mâle volupté.
Envole-toi bien loin
de ces miasmes morbides ;
Va te purifier dans l’air supérieur,
Et bois, comme une pure
et divine liqueur,
Le feu clair qui remplit
les espaces limpides..."
Charles Baudelaire.
Elévation.
Les Fleurs du Mal. Spleen et Idéal
-oOo-
o.Chuchotis.o